Jugement dernier

Bonjour mes amis visiteurs , patience je reviendrai......bises

Il se peut que je meure demain, et sur terre il ne restera personne qui m'ait pleinement compris. Certains me jugeront pire et d'autres meilleurs que ne suis. Les uns diront que j'étais quelqu'un de bien, d'autres que j'étais une canaille. Mais l'une ou l'autre opinion seront également erronées.

M. I. Lermontov - Un héros de notre temps

Cité en tête de l'ange des ténébres d'Ernesto Sabato
Samedi 7 mars 2009
 Plage cosmique,

féline devant le Pacifique compte ses rêves verts

Des lunes de mascara balancent leurs désirs au cœur d’une armada de nuées

 Elle baille repue les restes de ses amours - cormorans échoués de l’ultime tempête

 Bouffée d’écumes, bois d’ébène flottés, sable de jade stridant sous la dent du vent

Les racines aériennes enjambent le futur des villes animalières aigues comme des sagaies

Poussent leurs cristaux de sel en fourmilières succulentes.

Etagées comme balcon de l’ordre des jours de la création, les espèces fleurissent dans le jussant

Galvanisées par les orages magnétiques, chaque terrasse est couverte des plumages les plus rares.

Cette falaise court tout le long de l’infini, chassée par des hordes de narvals et de sirènes bleues et mauves aux toisons de varech, iode des accouplements, anse des fêtes du corps dans la caresse des vagues aveugles et avides.

Voici les porcelaines à la fente tentante, toute ruisselante dans le ressac, luisante sous la lune.
Par Xavier
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Mercredi 18 février 2009
Chers correspondants qui souhaitez me joindre, vous pouvez le faire à l'adresse suivante :
                          xlaurent78@yahoo.fr
Merci de votre fidélité
Par Xavier
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Lundi 29 décembre 2008

 

Notes blanches

 

Les cordes du piano résonnèrent longuement luttant vainement contre un silence retombant en  poussière. Il se leva, passa devant la jeune femme immobile dans son  fauteuil. Il ouvrit   brusquement les deux battants de la porte fenêtre et l’air glacé lui sauta au visage. Il plissa les yeux malgré lui. L’immensité neigeuse s’étendait à perte de vue sans repos pour le regard dans une fulgurance de lumière bleutée. Pas une aspérité.

 

Veronica laissa tomber le livre sur le tapis persan défraichi et leva vers lui son beau visage au regard vide. Alexandre semblait regarder fuir les derniers échos du concerto comme regarde fuir une meute de chiens fantômes lâchés dans la steppe.  Le soleil était au plus haut et la nature ruisselait de toute part, des gouttes pressées tombaient des gouttières clapotant sur les pavés. Les arbres tressaillaient lorsque les bourrelets de neige libéraient les branches. La charpente craquait palpitante.

 

« Assez gémit la jeune aveugle, assez de ce tintamarre. » Sans dire un mot le frère referma la fenêtre et vint s’agenouiller auprès de sa sœur. Il ramassa le livre en braille. Des poèmes d’Essenine.  Veux-tu que nous prenions l’air ? Nous pourrions aller jusqu’à la route de Kiev ?… Et pourquoi n’irions nous pas boire un thé Doutchka à Pinsk ? Elle frissonna et se serra contre lui. Allons-y maintenant murmura t elle en retour au retour je jouerai moi aussi….comme il se doit….

 

 Le concerto de Scriabine pouvait la rendre malade à vomir. Parfois elle se jetait sur le pianiste et le martelait de coups de poings jusqu’à ce qu’il cesse de jouer. Parfois elle pleurait silencieusement. L’agate de ses yeux gris noyé comme le ciel d’automne. Pourtant Alexandre ne jouait qu’à sa demande. Il redoutait d’avoir à le faire, comme on redoute de dispenser certains remèdes aux effets si violents. Elle se leva et se laissa guider hors de la pièce. La musique avait eu raison de son apathie. Un quart d’heure plus tard ils avançaient d’un pas assuré tournant le dos à la trop vaste demeure.

 

 

Dans son enfance Alexandre préférait jouer les pièces du clavier bien tempéré. Bach génie bienveillant, exigeant intelligence et virtuosité, apportait toujours beaucoup de bonheur au jeune musicien.

 

En regard, Scriabine prenait sans cesse, donnait rarement,  exigeait une totale soumission.

 

Autrefois les murs de la maison n’avaient résonné qu’aux échos de Beethoven, Schumann ou Mendelssohn. Dès l’âge de 4 ans la mère avait assis l’enfant au  piano et il  s’était mis à jouer avec une justesse et une autorité effrayante. Mais la douceur de la mère domptait cette nature violente et l’enfant jouait de manière si harmonieuse et si humaine que tous trouvaient réconfort à l’écouté.

 

A la naissance de Veronica il venait d’avoir 5 ans.  Sa mère ne pouvait plus consacrer assez de temps aux leçons de piano. Elle l’avait confié au maitre de chapelle Albermeyer.

 

Alexandre se souvenait en frissonnant de la haute silhouette d’Albermeyer dont l’ombre portée dansait sur la tapisserie cramoisie déjà fanée depuis des lustres, tandis qu’il gesticulait en hurlant. L’homme sentait fort et sa chevelure en désordre retombait sur un  habit râpé tout droit venu du siècle précédant. Son enseignement était sévère, sans réplique, parfois extravagant, sinon incohérent. Il exigeait, n’expliquait jamais. Alexandre ne se plaignait jamais. Sa mère plaçait tant d’espoir en lui. La renommée du maitre servirait  la gloire future de l’élève.

 

Et l’élève était né virtuose.  Le maitre savait  flatter l’orgueil du petit garçon. L’enfant devait remporter des victoires sur lui-même, contre les œuvres, dompter l’instrument. C’est alors que les sonates de Scriabine avaient investi les lieux.  Albermeyer était un disciple de Scriabine. Un admirateur sans concession.

 

 Peu à peu, note à note. Peu de pianistes amateurs parvenaient à jouer ces œuvres torturées et pourtant Alexandre réussit en quelques semaines  à donner une version très personnelle de la sonate N°9. Veronica qui avait à peine deux ans échappait souvent à l’attention de sa bonne et venait s’asseoir dans un grand fauteuil auprès du piano, fascinée par cette musique terrible.

 

. Le maitre ne félicitait jamais l’élève. Il se contentait de pousser une sorte de rugissement triomphal lorsque l’enfant  parvenait  à s’affranchir d’une difficulté de l’œuvre. La petite Veronica guettait le moment ou son cher frère terminerait sa leçon. Après le départ d’Albermeyer,  elle venait s’asseoir sur ses genoux. « Joue les notes noires Alexandre, moi je joue les notes blanches, que les notes blanches, elles ne font pas peur. » Alexandre se prêtait au jeu, sa sœur était douée, aussi douée que lui,  elle apprenait vite très vite. A quatre mains ils parvenaient à jouer les premières mesures de la sonate N°9.

 

 

. Alexandre avait atteint un niveau suffisant pour pouvoir se produire en concert. Un peu avant ses 9 ans, il occupa la seconde partie d’un concert seul sur scène au théâtre de la grande ville voisine. Il conclut le récital en jouant la Sonate n°9 de Scriabine. Une ombre sembla envelopper l’assistance tandis que l’éprouvante musique de la « messe noire » montait toute tendue de cordes menaçantes vers les hauteurs. Le lendemain dans la gazette locale, un critique s’étonna que l’on fasse jouer de telles œuvres à un si jeune garçon. Mais il salua tout de même le génie de l’enfant.

 

Après ce concert le maitre poursuivit son enseignement en redoublant d’exigence. Désormais il ne tolérait plus la moindre négligence la moindre imprécision. Veronica n’avait plus le droit de venir écouter son frère. D’ailleurs devenu nerveux il ne supportait plus la présence de sa petite sœur. Il était devenu irascible et pour la première fois il ne progressait plus. Il se renfermait maudissant le monde. Il semblait qu’une ombre avait envahi la maison. Plus personne ne riait. On parlait en chuchotant. Veronica ressentait plus vivement que tous ces changements dans la personnalité de son frère. La petite fille tomba malade. Elle se bouchait les oreilles lorsque le musique maudite faisait trembler les murs. Les cris d’Albermeyer devenaient insupportables. Pourtant personne à commencer par la mère ne voulait voir ce qui était en train de se produire. La folie suintait de toute part.

 

Après un après midi particulièrement éprouvant pour les nerfs, toute la famille se tenait dans le salon autour de l âtre. Albermeyer venait de quitter la maison. Un silence gigantesque revenait de toute part plus menaçant encore que le sabbat du piano fou. Seule Veronica devait dormir au fond de son petit lit. Alexandre la mine morose le visage penché vers l’âtre restait impassible. Soudain des notes claires et espacées retentirent en provenance du salon de musique. Après quelques hésitations une phrase musicale reprise deux ou trois fois s’affirma et monta radieuse comme un soleil après la pluie.

Tous se levèrent et se dirigèrent vers la source de cette musique bienfaisante. La porte était restée entrouverte. Une musique inconnue de tous mais belle comme un printemps au bord de la rivière coulait sans hésitation… C’est la mère qui aperçu la première la petite Veronica toute vêtue de blanc assise sur le tabouret rehaussé de deux coussins. Elle jouait sans partition. Elle levait les yeux au ciel. La musique diffusait une clarté presque aveuglante. Personne ne parvenait à identifier cette sonate. Personne jamais ne l’avait entendue. S’approchant Alexandre s’aperçu que de grosses larmes coulaient sur les joues de sa sœur. Elle demeurait les yeux levés au ciel, grands ouverts et jouait avec tant de grâce et de douceur que tous se mirent aussi à pleurer autour d’elle. Pourtant ses yeux semblaient morts à présent. L’obscurité qui trop longtemps avait régné dans les cœurs et les esprits avaient eu raison d’eux. Alexandre l’enserra doucement et la pressa contre son cœur. Une clarté surréelle baignait la pièce. Il semblait qu’Albermeyer se retirait devant l’arrivée d’un jour éclatant  après une nuit de tempête.

Veronica jouait la sonate N°10 de Scriabine : Les abeilles fredonnaient baisers du soleil, les brindilles ployaient sous le poids des scarabées, les poissons mouchaient à la surface de l’étang. Un garçon et une fille marchaient pieds nus dans l’herbe…Comment deux œuvres aussi opposées avaient elles pu naitre dans l’esprit du même homme ?

Personne ne se posa la question ce soir là… Mais il est certain que les deux sonates étaient jumelles. Le malheur porté par l’une recevait la rédemption de l’autre. Dieu, pour prouver que cela n’était pas de vain fantasmes avait aveuglé l’innocente et privé l’orgueilleux colérique dont le génie fut à jamais muselé.

Plus tard eà la mort des parents le frère et la sœur vêcurent  seuls. Leurs destins étaient liés aucun ne se maria. Lorsque je passais devant la trop vaste demeure je m’arrêtais souvent pour écouter les deux sonates jouées tour à tour.

Par Xavier - Publié dans : récits
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Dimanche 28 décembre 2008
















Photo Oaksun : rouille d'or

La mer est souvent mauvaise. Plus souvent qu’on ne le croit quand on reste à terre toute sa vie. Je l’ai prise tardivement la mer. Tard dans la vie. Il est des lieux qu’il vaut mieux éviter… Mais comme Ulysse, l’homme est souvent victime des visées divines. Il est difficile de s’y opposer. J’étais né pourtant loin des côtes. Quelque part vers Tain l’Hermitage. C’est un pays orienté au midi, tempéré. Le climat y est propice au travail de la vigne. Je suis né dans ce milieu là, le milieu des vignerons. Ma famille est innombrable. Elle a beaucoup essaimé. Mes cousines partent à présentpour l’étranger. On en rencontre dans tous les pays. La grande mode est de se faire une renommée au Japon. Moi je n’ai pas eu cette chance. Apprenti toute jeune, je fus vite mise au travail et passai mon adolescence dans un chai. Lorsqu’il fut avéré que j’en étais capable ou me chargea d’une mission. Tout d’abord on me fit l’honneur de m’habiller de neuf. Jusque là j’avais la livrée verte des tâcherons. Puis je passai du chai au magasin ou l’on me confia la marchandise que j’aurais à acheminer. On me plaça sous la responsabilité d’un représentant de commerce, un vétéran au nez vérolé, qui sans beaucoup d’explication me charroya à travers toute la France. Tout le temps que dura le voyage, je restai allongée. Il fallait que je sois reposée et à la hauteur une fois parvenue à destination. De la France je n’ai donc rien vu, rien du tout. L’homme conduisit durant des heures sans pratiquement s’arrêter. J’étais très mal installée mais je faisais contre mauvaise fortune bon cœur. Je crois que je devais avoir un air peu engageant. Une fois arrivée à destination, (je ne savais laquelle, mais je sentais que j’avais atteint un but et en même temps franchi une étape de ma vie) je fus brinquebalée par des rues pavées. Le représentant faisait son métier. Il m’exhibait pour que je mette en valeur le produit que j’étais chargée de vanter. Le premier jour nous visitâmes un grand restaurant, une pizzeria, un snack, puis d’autres établissements. Très vite je perdis le fil. Le représentant que la tempérance avait brusquement abandonné au sortir de l’autoroute, se mit à prolonger nos visites. Il se laissait accueillir chaleureusement par nos différents hôtes et ne refusait jamais le petit dernier pour la route… Si bien qu’arrivé à la nuit je tanguais  fort tout autant que lui à vrai dire et bien à mon cros défendant, cependant que ma précieuse cargaison ne cessait de décroitre au fil des visites…Je ne sais ni comment ni pourquoi il décida de visiter le dernier de nos clients à la nuit tombée. Je me souviens être sortie de la voiture. La nuit de novembre tombait. Un vent terrible chargé d’une odeur forte d’iode et de poisson pourri balayait les quais. La mer !!! Pour la première fois de ma vie je sentais sa présence sans la voir. Le dieu qui préside à ma destinée m’a comblé de bien des qualités mais a oublié de me doter du sens de  la vue….Pourtant je porte l'oracle !!! Car sans moi Bacchus se saurait rien, ne serait rien. L’homme poussa la porte d’un estaminet qu’il semblait mieux connaître que sa propre maison. Il fut accueilli par des exclamations enthousiastes…Il me posa sur une table et m’abandonna pour ainsi dire à portée des mains noueuses de deux marins qui se trouvaient là, silencieux.

Le représentant debout au comptoir faisait face au gros temps. Il éclusait comme un marinier, jurait comme un loup de mer et au total buvait à la santé de toutes les marines du monde. Soudain il roula à terre et il fallut deux hommes pour soulever son immense carcasse et le jeter dehors sans plus de manière sous les huées de la versatile assemblée. J’étais terrorisée. Mais je n’eu pas le temps de pleurer sur son sort ni sur le mien. Je fus soulevée et délestée du reste de ma cargaison. Les deux marins burent à la santé du représentant en portant des toasts d’une voix effrayante. Quand il fut avéré que je n’offrais plus rien d’intéressant, un des marins me poussa du coude à l’écart.

A la table voisine le fils du patron faisait sagement ses devoirs dans ce tumulte dantesque. Il semblait indifférent à la tornade ambiante. Quand il me vit glisser sous son nez il me considéra un instant, songeur,  puis se remit à écrire.

Au bout de quelques minutes il releva la tête. Il arracha soigneusement la page du cahier sur laquelle il avait soigneusement écrit, la roula comme un fin cigare, puis me la confia comme en secret. Quand il eut fini, je le suivis, nous sortîmes par l’arrière du bistrot. Il se préoccupa de me bien couvrir et me parla comme jamais personne ne l’avait fait avant lui. Tu ne vas pas finir ici, non tu vas voyager je te le promets !!! Tu verras du monde et du beau… Quand je serai grand je ferai comme toi. Je ne peux plus tenir dans cette gargote. Celui ou celle qui te trouveras m’écriras peut-être de l’autre bout du monde et je partirai le rejoindre. Je pris donc la mer ce soir là. L’eau était froide et les vagues impitoyables. Plus d’une fois je faillis me rompre contre les blocs de la jetée mais la marée descendante vint à mon secours et je gagnai finalement le large, agitée comme un bouchon de canne à pêche. Depuis j’ai oublié de compter le temps. J’ai fait sans doute le tour du monde. Et voilà que je suis entre tes mains, sauveur inconnu. Délivre-moi de ce message !!! Il y a longtemps que je ne suis plus rien. Comme le capitaine Nemo. J’ai perdu mon précieux contenu. Ma livrée s’est laissé glisser au fil de l’eau au bout de quelques heures passées dans la rude caresse des vagues. Je n’existe plus. Seul le bouchon de liège encapuchonné de cire a préservé le message que je suis chargée de te remettre cher lecteur. Je t’en prie exécute mes dernières volontés. Réponds à l’enfant qui est en toi comme il le désire ardemment et délivre-moi du mal…de mer. J’ai porté l’ivresse de Bacchus J’ai porté l’espoir d’un enfant Je suis une humble chopine. Mais je contiens toutes les histoires de la mer des histoires. Garde-moi près de toi comme on garde le sable des rêves…

Par Xavier - Publié dans : récits - Communauté : Le jardin des Muses
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Vendredi 26 décembre 2008


Présence lumière ouverture sur les faïences de Rénica une douce et joyeuse invitation. Cette fois c'est la toile de Rénica qui est tout le poème  je la laisse chanter et raconter sans rien ajouter sauf un sourire de bonheur.....
Par Xavier - Publié dans : Poèmes
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