Mardi 2 décembre 2008
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De tous les pays magiques où j’ai pu séjourner, Ivoine est le plus attachant. Comme
beaucoup de ces petites républiques d’Almélie Centrale, on le rejoint assez difficilement après avoir lu deux ou trois mille pages de récit de voyage
souvent arides, parfois pittoresque…Les lecteurs qui ont quelques connaissances du pays d’Ose ou de la république de Viguier auront à l’esprit quelques images pour se faire une idée de la
physionomie des paysages.
Mêmes villages flottant dans les airs, mêmes rivières charriant des émeraudes. .. Mais
la ressemblance s’arrête là. Tout d’abord le pays d’Ose n’est accessible qu’aux joueurs de jeu de go et la république de Viguier uniquement par train de nuit entre deux rêves.
De plus la langue des Ivoines, l’Idoine, présente certaines caractéristiques :
c’est un pinyin, mélange de toutes les langues de toutes les contrées. Alors que les langues d’Ose et Viguier sont de simples dialectes vernaculaires.
Ainsi l’Idoine peut-il être compris et parlé très rapidement par quiconque s’en donne
la peine. J’ai souvenir d’une troupe de voyageurs (des magyars, des tamouls des Ossètes et des mayas) nouvellement arrivés par la page 3020 à la gare d’Erophylia, incapables de se dire un mot durant tout le trajet et qui 8 jours plus tard devisaient joyeusement dans un jardin
de gemmes en compagnie de jolies Ivoines.
Et par-dessus tout il faut louer l’ouverture d’esprit des habitants de la principauté.
L’hospitalité y est érigée en religion. Lorsqu’on arrive au centre d’Agapé, la capitale, on aperçoit de suite dominant tout les autres monuments, le
merveilleux Palais des Etrangers : c’est l’endroit le plus luxueux de la ville. A côté de lui le parlement, unique organe institutionnel, fait piètre figure avec ces colonnades en
béton : c’est une grosse villa en sucre et pain d’épice que les parlementaires obèses ne cessent de dévorer au cours d’interminables sessions. Quant au palais princier c’est, à y regarder de
près, une sorte de mobil home. En effet la famille princière est d’ascendance tzigane et ne peut se lasser d’errer sans fin dans tous le pays comme
les princes mongols des steppes distrayant la population de jeux de cirque et de musique Moldave jouée au cymbalum.
Non, le palais des étrangers est si imposant, si grand, si beau et si extravagant que
toute la vie d’Ivoine se concentre autour de ses murs. Avides de nouveautés les Ivoines n’ont de cesse d’attirer dans leur patrie les représentants des peuples les plus improbables de
l’univers.
Soyez Papous, Suèves, Araucariens et vous vous taillerez un beau succès dans ce pays.
Toujours à la recherche du mot juste, les Ivoines organisent de grandes joutes oratoires dignes des jeux pindariques. Toutes les nations peuvent y participer. Un seul mot d’ordre l’HAMURE, une
notion Ivoine qui affirme que l’amour allié à l’humour rend invincible comme une armure.
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Jeune entomologiste, j’étais venu à Ivoine mu par la passion scientifique à la
recherche du scarabée Ivoino Melancholia. Malgré de longues semaines de quête dans tous le pays je ne parvins pas à découvrir un seul spécimen de ce singulier coléoptère pourtant mentionné dans
de nombreux travaux.
Mes travaux tournant court, je me mis à me passionner pour ce pays…Je ne lui trouvais
que des avantages. Cependant mon esprit trop cartésien ne pouvait s’empêcher de trouver cela trop beau pour être vrai.
Ne peut-il y avoir quelque inconvénient à être Ivoine ? L’étranger est-i l aussi
bien traité que ne le prétendent les guides touristiques, quelques soit les circonstances ? Pas de prison secrète, pas de fichier Edwige, pas de Pape despotique délirant ? Pas
d’alliance avec les voisins Khadaves, Syriaques ou Han ?
Je questionnais longuement les autochtones, mettant à rude épreuve leur patience
enjouée. Je ne parvins pas à voir une seule ombre au tableau. Je m’exaspérais, je ne dormais plus : un matin la ville m’apparu plus terne, les
teintes affadies, les tours de la maison des étrangers s’estompaient dans une brume samgatienne Les habitants que je croisais semblaient indifférents à ma présence. J’avais l’impression d’un
quelconque Paris perdu dans la pollution.
Un soir après une longue après midi passée à solliciter les Ivoines dans les Tékés et
les Parcs de la ville, je ne retrouvais pas le chemin de mon hôtel. Les vapeurs de Houka me dis-je en sont la cause.
Le quartier semblait avoir disparu comme une aquarelle délavée. Ne subsistaient que le
vagues contour de mes doutes. Je m’endormis au pied d’un Tulipier et à l’aube me réveillait en plein désert.
Le doute m’avait violemment rejeté hors les murs…………..